Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Maud Cornet

yin et yang pour tous

Voici un article publié dans le magasine Biocontact de novembre 2015....N'hésitez pas à rechercher un exemplaire en magasin bio, l'ensemble des articles est d'une grande richesse...

Yin et yang : quelle est leur essence et comment en tirer parti dans notre vie quotidienne et notre alimentation ?

Yin et yang sont les deux forces primaires à la source de l’univers. Ils sont le point de départ de tous les mouvements. Chaque élément vivant est le résultat d’une dynamique entre ces 2 forces : chaque plante, chaque animal, chaque être humain est un subtil mélange entre les deux forces qui ont sous-tendent leur développement et mettent leur vie en mouvement.

Pour résumer simplement, yin est une force d’expansion qui se dirige vers le haut et vers l’extérieur, yang une force de contraction qui se dirige vers le bas et l’intérieur. Imaginez deux spirales, la première centripète, qui se dirige vers le centre est yang, l’autre centrifuge, qui se dirige vers la périphérie est yin.

L’équilibre entre yin et yang est moins un état statique qu’un mouvement permanent. A chaque instant, tout évolue dans un sens ou dans l’autre. Pour l’illustrer, le rythme des jours et des saisons est parlant. La nuit est plus yin, le jour plus yang. Chaque moment de la journée est un point d’équilibre différent entre yin et yang et cet équilibre change constamment avec une trajectoire dans un sens puis dans l’autre. De la même façon avec les saisons : l’hiver est plus yin, l’été plus yang. Les saisons qui passent sont la manifestation d’un mouvement de l’un vers l’autre avec des équilibres divers. Ce qui est remarquable c’est qu’il n’existe rien qui ne soit que l’un ou l’autre. Prenez le plein cœur de l’hiver : il porte déjà en lui le germe du printemps à venir. Aussi, si l’on qualifie une chose de yang ou de yin, cela sera toujours en comparaison avec autre chose.

Par ailleurs ces deux forces complémentaires ont leur correspondance dans d’autres cultures ou d’autres approches, notamment celle chimique qui distingue l’acide ou l’alcalin.

Les aliments et l’échelle yin/yang

Si cette compréhension ancestrale de la vie selon yin et yang est bien antérieure à la macrobiotique moderne, celle-ci l’a judicieusement exploré par rapport à l’alimentation. La recherche d’équilibre est le fondement de cette philosophie et sa première application pratique est le domaine de l’alimentation.

La macrobiotique met en effet l’accent sur l’alimentation en ce qu’elle nous façonne. Nous y puisons ce qui finit par être nous-mêmes, à travers l’assimilation que nous en faisons. Elle fonde la qualité de notre de notre santé physique, émotionnelle et de notre énergie quotidienne. C’est le cas depuis notre conception dans le ventre de notre mère jusqu’à nos habitudes alimentaires quotidiennes. Chaque chose que nous ingérons modifie la qualité de notre sang. Pris individuellement, les changements sont subtils mais au fil du temps avec les habitudes qui s’installent, la différence est immense.

La classification yin yang s’applique donc aux aliments. Elle repose sur l’observation de ce qui les caractérise : la façon dont ils poussent, où ils poussent, sous quel climat, leur couleur, leur forme, leur structure.

Pour illustrer cela avec un exemple, prenons une carotte : prise dans sa globalité elle illustre un équilibre entre yin et yang : la racine pousse sous terre et son développement de plus en plus profond est alimenté par la force yang, les fanes au contraire qui se dirige vers le ciel sont poussés par une force yin. La structure révèle aussi les forces en action : la racine a un texture plus dense, plus condensée : plus yang, les fanes quant à elles ont une structure plus légère, fragile, plus yin. La couleur enfin : la racine est orange, plus yang et les fanes sont vertes, plus yin.

Autre exemple : les produits tropicaux qui poussent dans des régions chaudes sont plus soumis à la force d’expansion et ont une nature plus yin que les produits ayant poussé sous un climat tempéré, souvent plus petits et plus condensés.

Dans le cas des animaux, c’est l’observation de leurs qualités propres qui permet de classer les animaux du plus yin au plus yang : en l’occurrence, les poissons qui vivent dans l’eau et ont le sang froid sont plus yin que les mammifères, notamment le bovins qui sont les plus yang.

La classification est la suivante :

Parmi les aliments considérés équilibrés pour la santé, du plus yang au plus yin :

YANG

Sel marin

Céréales complètes

Légumineuses

Légumes racines

Légumes ronds

Légumes à feuille

Tofu

Oléagineux et graines

Fruits

Liquides

YIN

Et parmi les aliments qui sont plus extrêmes, du plus yang au plus yin :

YANG

Viande

Œufs

Poulet

Fromage à pâte dure

Fromage à pâte molle

Beurre

Lait

Yaourt

Aliments sucrés

Boissons sucrées

YIN

La cuisine comme première étape de la digestion

Partant de la qualité des aliments et privilégiant ceux qui sont plus au centre de la classification yin/yang, l’approche macrobiotique accorde ensuite beaucoup d’importance à la façon dont sont préparés les aliments. En effet, la cuisine et donc la personne en charge de cuisiner change la qualité des aliments. On pourrait résumer les choses en disant que la cuisine est la première étape de la digestion. En effet, toute préparation culinaire est une alchimie qui partant de produits crus va les transformer et permettre au corps de puiser dans les aliments ce dont il a besoin pour fonctionner. La clé d’une cuisine macrobiotique est de pouvoir créer des menus avec une variété de cuissons, de couleurs, de saveurs afin de créer des repas dynamiques qui nourrissent tous les types d’énergie en nous. Cela revient à dynamiser le corps et le mettre en mouvement ou renforcer l’énergie appelée QI. On peut dresser un parallèle avec le feng shui qui repose sur les mêmes bases : de la même façon que ce-dernier cherche à faire circuler librement l’énergie dans la maison, la cuisine macrobiotique cherche à faire circuler librement l’énergie dans le corps.

Les modes de cuisson du plus yang au plus yin :

YANG

Cuisson au four

Cuisson à la pression

Ragout et braiser

Sauter longtemps

Soupes cuites longtemps

Cuire à feu doux

Frire

Sauter rapidement

Cuisine à la vapeur

Ebouillanter

presser

cru

YIN

Une plus grande conscience de notre alimentation

La macrobiotique utilise l’alimentation comme un point de départ, car elle est au cœur de notre style de vie.

La première chose que l’on découvre lorsque l’on commence à manger de façon macrobiotique c’est l’importance de l’influence de la nourriture sur soi. Celle-ci reste très sous-estimée aujourd’hui malgré une élévation des consciences en la matière. La première année surtout, quand l’on cesse de manger des aliments « extrêmes », le corps réagit positivement avec un sursaut d’énergie et de bien-être. Sursaut d’énergie qui vient du fait le corps n’est plus soumis à des aliments lourds, difficiles à digérer ou qui réduisent son énergie comme le sucre. Bien-être parce qu’une alimentation plus simple à base de céréales complètes, de légumes et de légumineuses nourrit le corps profondément et l’on ressent à la fois satiété et légèreté.

Progressivement, il est primordial de développer une conscience personnelle de l’influence de la nourriture sur soi. Pouvoir faire des liens entre son état de santé au jour le jour et l’alimentation, c’est déjà être en mesure de résoudre 70-80% des problèmes de santé que nous rencontrons.

Par exemple, plus je mange de sucre, qui est classifié dans les aliments très yin, plus je serai susceptible de développer de la fatigue, une instabilité émotionnelle et un manque d’endurance pour avoir une vie active. Plus je mange des aliments provenant des animaux, classifiés très yang, plus je développe une tension du corps et une raideur qui peut se manifester par de l’irritabilité, une tendance à vouloir dominer les autres et une perte de sensibilité à mon environnement.

Autre exemple à la fin de l’été : à cette période, les journées raccourcissent, les températures baissent, toute la nature décroit progressivement. Pour s’adapter facilement à cette période de transition, il est nécessaire de changer son alimentation, en mangeant moins de produits yin tout d’abord : fruits frais, jus de fruits, aliments crus et puis en augmentant progressivement les produits yang : plus de sel et de cuissons longues par exemple. Un signe banal que le corps s’adapte avec difficultés à ce changement d’environnement est le rhume. Non préparé au refroidissement, son adaptation se fait avec moins d’aisance. C’est encore plus notable si l’on consomme des produits tropicaux et que l’on vit dans une zone tempérée car le corps est alors soumis à un stress pour s’adapter au climat dans il se trouve.

Comment faire des connexions entre notre condition et notre alimentation ? Une expérience intéressante pour réaliser ce travail de discernement est d’arrêter de manger quelque chose pendant une période donnée : 10 jours par exemple. Arrêtez de manger du sucre pendant 10 jours et sentez pour vous-même la différence. Votre choix d’en manger à nouveau après les 10 jours sera nourri d’une nouvelle conscience.

Yin-yang et les comportements

De l’alimentation au comportement, il n’y a qu’un pas. Par extension avec la classification yin yang dans les aliments, la même distinction s’observe dans les comportements et la première nourrit la seconde.

Yang

Yin

Physiquement

Corps raide

Besoin de peu de sommeil

A beaucoup d’énergie

A une voix forte

Corps souple

Besoin de beaucoup de sommeil

Manque d’énergie, souvent fatigué

Voix calme

Emotionnellement

Tendu, agressif

Confiant, extraverti

Sait ce qu’il veut

Peu d’intérêt pour les sentiments et les émotions

Nervosité, anxiété, peur

Manque de confiance

Recherche la guidance des autres

Importance accordée aux sentiments

Pensée

Pensée forte, pense avoir toujours raison

Aime l’ordre et la structure

Pratique, orienté business

Peut devenir têtu et dogmatique

Doute de soi

Aime la liberté et le désordre

Aime les idées et les idéaux

Peut perdre sa direction et se sentir confus

Style de vie

Vie très active

Travail dur

Prend beaucoup de responsabilités

Doit gagner de l’argent

Prend du temps et de l’espace pour se relaxer

Vie plus contemplative

Prend peu de responsabilités

Bien entendu, chacun est un mélange unique entre ces deux forces avec une dominante dans un sens ou dans l’autre.

Le sens de la macrobiotique consiste à rechercher un équilibre mouvant entre les deux en évitant les extrêmes, se mettre au diapason de la nature elle-même, nous ajuster harmonieusement et en conscience à notre environnement. J’ajouterai même qu’au cœur de la démarche se trouve un souci de respecter la nature qui nous a donné vie et les lois qui la régissent.

Pourquoi ?

Parce que tout est intimement lié.

Notre santé physique et émotionnelle est intimement connectée à ce que nous consommons et à la santé de l’environnement qui nous nourrit. Nous nous sommes tant déconnectés de la nature dans la société actuelle que nous ne ressentons plus cette dépendance fondamentale qui conditionne notre vie humaine. La macrobiotique nous ramène à cela et nous propose de développer une plus grande conscience de notre condition humaine, non pas de façon conceptuelle ou intellectuelle, mais d’abord dans le corps, par l’expérience vécue. Il suffit de peu de temps pour sentir ce qu’une alimentation plus centrée crée en termes de mieux-être, de meilleur centrage, de plus grande stabilité émotionnelle et de clarté d’esprit. Toutes ces qualités qui vont le sens du développement de l’homme. Enfin, plus fondamentalement, la macrobiotique propose à travers la compréhension de yin et yang de développer sa liberté. Celle-ci n’est possible qu’en développant la conscience de nous-mêmes et de nos choix. Commencer par l’alimentation est à la fois le plus accessible (qui peut choisir l’air qu’il respire ?), le plus pratique, le plus quotidien et à la fois le socle de tout le reste.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article